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Les guerres mondiales
Le génie pendant la guerre 1914 - 1918 : Aux premiers combats et pendant la retraite générale, les unités du génie, employées un peu au hasard, furent la plupart du temps mises à la disposition d'unités d'infanteries, régiments ou bataillons, sans mission définie. Rien d'étonnant, dès lors, à ce que, avec une composition et un armement voisins de ceux d'une compagnie d'infanterie, elles aient été souvent engagées comme telles et mises en réserve de bataillon ou de régiment. Si d'aventure on les utilisait autrement, on leur confiait le soir, après une journée d'opérations avec l'infanterie, quelques organisations défensives de bois ou de villages. Dès septembre, les unités du génie sont employées à des travaux d'organisation défensive, à la création de pistes, à la construction de ponts et passerelles pour multiplier les passages sur les coupures (par exemple la Meuse) et à la destruction des ouvrages d'art pour retarder l'ennemi. A la reprise de l'offensive après la Marne, les sapeurs sont employés surtout à la construction de passages sur la Marne et l'Aisne.
La stabilisation et les offensives de 1915 : Dès novembre 1914, les compagnies du génie amorcent, parfois d'une façon sporadique, l'organisation du front. Dans certains secteurs, on commence la guerre des mines, parfois sans but nettement défini. Dans les offensives locales, on ne connaît, pour détruire les réseaux que l'utilisation des sapeurs munis de cisailles ou portant des charges allongées d'explosifs. Les sapeurs précèdent donc les fantassins pour leur ouvrir la voie. Ces opérations, rarement réussies, coûtèrent de gros sacrifices en amenant l'usure rapide des unités. La guerre des mines s'étend peu à peu à presque tous les secteurs et prend par endroits une importance hors de proportion avec les avantages qu'on en tire. Dans cette guerre, les sapeurs se montrèrent dignes de leurs ancêtres de Sébastopol. La tâche considérable imposée par la guerre de position conduisit à la création d'un commandement du génie divisionnaire et des compagnies bis. Celles-ci, composées d'un petit noyau de sapeurs complétées par des fantassins prélevés souvent dans des régiments divers et commandés par de très jeunes officiers, se formèrent au feu et devinrent comparables, au moins pour les travaux de secteur, aux anciennes unités.
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La seconde guerre mondiale (1939 - 1945) :
Au yeux de l'opinion, le renom du génie est inséparable de la fortification, bien qu'il n'ait été bien souvent à l'époque moderne, qu'un exécutant des principes et des conditions arrêtés par les pouvoirs publics et par le haut commandement. Certaines constatations s'imposent : · Les succès ennemis sont remportés dans les zones où la fortification est faible, c'est à dire dans les secteurs démunis de gros ouvrages ou dans les secteurs de construction postérieurs à 1936, traitée à l'économie. · Par contre, les attaques ennemies échouent dans les secteurs où la fortification est rationnellement construite et achevée et où les ouvrages peuvent s'appuyer mutuellement. Les opérations de 1939-1940 : Dans la première phase, on assiste à une période stable mise à profit par le génie pour effectuer un travail considérable d'amélioration en profondeur de la fortification existante : obstacles antichars, abris bétonnés, etc… Dans la phase qui débute le 10 mai 1940 par l'attaque allemande, le génie, dans la manœuvre en retraite, multiplie les destructions et les obstacles au contact même de l'ennemi. L'armée de l'Armistice : En exécution des conditions de l'Armistice de 1940, l'armée française stationnée en zone libre était limitée à 100.000 hommes répartis en 8 divisions. Un bataillon du génie était affecté à chacune de ces grandes unités. Leur numérotation était continue de 1 à 8. Chaque bataillon comprenait deux compagnies et un élément de service constitué notamment d'une division d'équipage de ponts modèle 1935. Les opérations de 1941-1943 : La première section du génie de la France Libre est formée en Grande-Bretagne avec les éléments repliés de Norvège. Elle est affectée à la 1ère Division des Forces Libres au Cameroun. Devenue 1ère compagnie, elle participe à la première campagne du désert : Bardia, Tobrouk, Bir Hakheim. Les 1ere et la 2ème compagnies nouvellement créées participent à la bataille d'El Alamein. Au cours des opérations au Levant, en Libye et en Tunisie, des problèmes nouveaux se posent au génie : l'amélioration des voies de communication en pays désertique ou dans les contrées marécageuses. Il se produit donc une sorte de mutation dans les préoccupations et l'action du génie, mutation qui se développera pleinement au cours des campagnes d'Italie et de France.
La campagne d'Italie : Au printemps de 1943, d'énormes quantités de matériels sont débarquées dans les ports d'Afrique du Nord. Le matériel du génie enparticulier relève de la technique la plus évoluée et que n'aurait pas soupçonné le sapeur de 1939 : matériel de franchissement ou de terrassement, mines, détecteurs, etc… sont nombreux et bien au point. Les effectifs sont beaucoup plus importants que ceux de 1939. Ils évoluent en fonction de la mission et du volume des matériels à mettre en œuvre. Au début de l'hiver 1943-1944, la situation stagne. A la fin du mois de mars, le Corps Expéditionnaire Français prend en charge la tête de pont de Garigliano. Le génie procède alors à l'équipement complet du champ de bataille en vue de l'offensive qui devait débuter le 8 mai. Le travail des sapeurs est considérable et rapide tant pour l'aménagement d'installations nouvelles que pour la conservation des organisations existantes , en particulier les deux ponts flottants sur le Garigliano.
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Campagne de France-Allemagne : Dans la 1ère armée française, qui comptera en moyenne 8 divisions, le génie figure pour sa part pour 20 bataillon, ce qui avec les bataillons de pionniers mis à sa disposition et les unités de services les plus variées, représente quelques 20.000 hommes. Les 30 et 31 mars 1945, c'est le franchissement du Rhin. Il s'effectue en trois points : · Dans la nuit du 30 au 31 mars, à hauteur de Spire, par le 83ème bataillon du génie, bataillon divisionnaire de la 3ème division d'infanterie algérienne. C'est le premier passage. · A l'aube du 31 mars, à hauteur de Gemersheim, par le 101ème régiment du génie renforcé par le 17ème régiment, le 211ème bataillon et des unités du 96ème bataillon de la 5ème division blindée · Le 2 avril à Leimersheim par le 71ème bataillon colonial du génie. Le 83ème bataillon du génie : " Dans la nuit du 30 au 31 mars 1945 et les jours suivants, le 83ème bataillon du génie devait se surpasser encore et donner la pleine mesure de sa valeur et de son dévouement au cours du franchissement de vive force du Rhin à Spire. Ne disposant que de quelques radeaux pneumatiques mus à la pagaïe, il réussit, en trois jours d'efforts ininterrompus, à faire passer sur la rive droite du fleuve, sept bataillons d'infanterie et à assurer les liaisons, les évacuations et ravitaillements nécessaires ". Le 101ème régiment du génie : " Appelé à réaliser le franchissement de vive force du Rhin, a donné à tous, le 31 mars 1945, à Gemersheim le plus bel exemple de courage et d'abnégation en engageant, aux prix de pertes sévères, dans un élan irrésistible, ses canots d'assaut contre un ennemi solidement retranché sous casemates. Poursuivant son action par de nombreux passages, a permis à la première armée française de créer une tête de pont sur la rive adverse. A réussi, grâce à son acharnement et après deux jours de travail ininterrompu, à lancer le premier pont français sur le Rhin. S'est montré en toutes circonstances digne des plus nobles traditions de l'arme du génie " Le 71ème bataillon du génie : " Magnifique unité du génie qui, sous le commandement du lieutenant-colonel Gazin, a participé à toutes les opérations de la 9ème DIC, depuis l'île d'Elbe jusqu'à la fin des hostilités. A Toulon, du 18 au 24 août, a assuré sous le feu violent de l'artillerie, le passage du Gapeau et participé à l'assaut de la ceinture fortifiée . A assuré le 2 avril, le passage du Rhin de la division par moyens discontinus sous les tirs meurtriers de l'artillerie ennemie ".